Centralisons nos forces

Le ras-le-bol est généralisé dans les services publics. Partout, la souffrance est la même. Mais les prochains mois pourraient bien marquer un tournant.

Les médias l’ont amplement démontré : personne n’y échappe. Que ce soit en éducation, en enseignement supérieur, en petite enfance ou en santé, le personnel est en situation de détresse et d’épuisement. Il se sent isolé et impuissant. Le constat est dur, mais c’est la triste réalité.

Comment expliquer que nous en soyons rendus là? Ce gâchis monumental est directement imputable à la vision des services publics qu’ont eue nos gouvernements successifs, depuis plus de 30 ans. Tour à tour, ils les ont traités comme une dépense plutôt que comme un investissement.

Une vision qui fait mal

Le fait qu’ils aient considéré ces services et le personnel qui y travaille uniquement sous l’angle des couts – qu’il faut à tout prix réduire! – a engendré toute sorte de conséquences, qui ont fini par miner gravement le quotidien au travail, en plus d’éroder dangereusement la qualité des services.

Pensons au manque de ressources et de moyens pour offrir des services de qualité, à la gestion bureaucratique et autoritaire, aux exigences de reddition de comptes, aux menaces de sanction, au manque d’autonomie professionnelle, à l’absence de considération pour le jugement professionnel et les savoir-faire du personnel…

Tout cela entraine une importante perte de sens au travail, en plus d’affecter la santé physique et psychologique des travailleuses et des travailleurs. Il n’est donc pas surprenant qu’un grand nombre s’isole et tente de s’en sortir par ses propres moyens.

L’action collective pour changer les choses

Il va de soi que ça ne peut pas continuer ainsi. Si l’on veut vraiment changer les choses, il faut intervenir à la source du problème, en combattant cette vision inhumaine des services publics. Et pour cela, il faut agir collectivement et non chacun de son côté.

C’est dans cet esprit que la CSQ a retenu le thème de l’action collective pour son congrès, qui aura lieu du 26 au 29 juin 2018. Les personnes déléguées débattront, notamment, de propositions visant à faire connaitre aux travailleuses et travailleurs les modes de gestion toxiques et, surtout, à les sensibiliser au fait qu’ils ne sont pas la cause du problème.

Éduquer et former des enfants ou des adultes, soigner des patientes et des patients, faire progresser des élèves en difficulté ou encore conseiller du personnel professionnel sont des fonctions qui ne peuvent s’inscrire dans une logique standardisée de travail à la chaine, quoi qu’en pensent certains politiciens et politiciennes.

Bref, le Congrès sera l’occasion d’élaborer un plan syndical misant sur l’action collective pour changer durablement nos milieux de travail et ramener l’humain au cœur des services publics. Nous avons le pouvoir d’agir et, ensemble, nous ferons bouger les choses.

Jean-François Piché